Toutes ces lunettes usagées préparées pour les moins bien nantis



« Accomplir cela a été une si grande richesse intérieure pour moi ! Les témoignages qu’on a reçus au fil des années m’ont tellement touchée. »

Monique Bégin

Quand Monique Bégin, membre des Lions depuis 2011, s’implique, elle ne le fait pas à moitié. Pendant 15 ans, elle a recueilli les lunettes usagées des gens de la région, elle a organisé des séances de lavage et d’essuyage, elle en a vérifié les ordonnances et les a classées pour les remettre ensuite à l’équipe d’Optométristes sans frontières qui les distribuait de par le monde.

Par Danielle Goyette

Pendant 15 ans, dès le début de sa retraite, Monique a fait cela à temps plein, pendant six mois chaque année. En 2019, à regret, elle a décidé de s’arrêter. Parce qu’elle a décidé de prendre aussi soin d’elle un peu et de profiter de cette retraite qu’elle n’a pas encore vue passer !

Une initiative porteuse de bonheur

C’est en 2004, avec le club Lions de Coaticook, qu’a commencé cette initiative de préparer des lunettes usagées pour les plus démunis dans le monde en collaboration avec Optométristes sans frontières. Mais cette idée remonte à bien plus loin encore.

Les clubs Lions dans le monde sont nés en 1917. Melvin Jones, un homme d’affaires de Chicago, invite alors les membres de clubs d’entreprises de tous les États-Unis à se réunir sous la bannière de l’Association Lions Clubs afin de contribuer à apaiser les problèmes sociaux importants liés à la Première Guerre mondiale. Déjà, en 1920, les clubs Lions étaient actifs dans plus de 23 états américains et comptaient 6 400 membres. En 1945, ils étaient présents dans plus de 46 pays.

Chevaliers des aveugles

Le 30 juin 1925, Helen Keller, une dame devenue aveugle et sourde à l’âge de 18 mois, et dont l’histoire est bien connue, s’adresse aux membres de la convention du Lions Clubs International réunis dans l’Ohio. Cette dame volontaire et avant-gardiste met les Lions au défi de devenir des « chevaliers des aveugles dans la croisade contre les ténèbres. » Son appel du cœur sera bel et bien entendu. Pour tous les Lions dans le monde, cela deviendra le début d’un engagement qui ne se tarira jamais d’année en année. Une multitude de missions seront engagées afin que la cécité évitable soit éradiquée et que les plus démunis puissent profiter de soins optométriques afin de mieux voir. En 1971, le club Lions International déclarera le 1er juin « Journée Helen Keller ». Et en plus d’offrir de tels soins, d’autres services verront le jour comme celui d’amasser des lunettes usagées et de les préparer afin de les distribuer aux gens dans le besoin.



Helen Keller

Discours d'Helen Keller à la convention internationale des clubs Lions du 30 juin 1925

Cedar Point, Ohio, États-Unis

Chers Lions,

Je suppose que vous connaissez cette légende qui décrit la chance comme une jeune femme capricieuse ne frappant à chaque porte qu'une seule fois. Si la porte tarde à s'ouvrir, la jeune femme passe son chemin, pour ne jamais revenir. C'est ainsi. Les femmes les plus charmantes n'attendent pas. Vous devez agir vite pour ne pas les laisser filer.

Je suis votre chance. Je frappe à votre porte. Je veux être adoptée. La légende n'explique pas ce que vous devez faire si plusieurs belles occasions se présentent à la même porte. J'imagine que vous devez choisir celle qui vous plaît le plus. J'espère que vous allez m'adopter. Je suis la plus jeune ici et ce que j'ai à vous offrir regorge d'occasions de vous illustrer par vos actions.

La Fondation américaine pour les aveugles n'a que quatre ans d'existence. Elle a été créée en réponse aux besoins urgents des aveugles, qui en sont eux-mêmes les instigateurs. Sa portée et son importance sont nationales et internationales. Elle incarne les pensées les plus généreuses et les plus éclairées que nous ayons jamais inspirées. Sa mission est de valoriser les personnes aveugles dans nos sociétés, en leur apportant une nouvelle valeur économique et en leur offrant la satisfaction d'une activité normale.

Essayez d'imaginer ce que vous éprouveriez si vous étiez soudainement frappé de cécité. Voyez-vous trébucher et avancer à tâtons en plein jour comme s'il faisait nuit, forcés de renoncer à votre travail et à votre indépendance ? Dans cette obscurité, ne seriez-vous pas heureux qu'un ami vous prenne par la main en vous disant : « Viens avec moi et je t'apprendrai à faire certaines choses que tu avais l'habitude de faire quand tu pouvais voir » ? C'est précisément le genre d'ami que la Fondation américaine deviendra pour tous les aveugles de ce pays, si les personnes voyantes lui apportent le soutien dont elle a besoin.

Vous connaissez mon histoire : comment quelques mots transmis par les doigts d'un autre, un rayon de lumière d'une autre âme, ont percé l'obscurité de mon esprit et m'ont permis de me découvrir, de découvrir le monde et Dieu. Grâce à mon institutrice, qui a appris à me connaître pour me libérer de cette prison sombre et silencieuse dans laquelle j'étais murée, je suis désormais capable d'agir pour moi-même et pour les autres. C'est d'attention, plus que d'argent, dont nous avons besoin. Sans la sympathie et l'attention, le geste est vide. Si vous vous sentez sincèrement concernés, si nous pouvons faire en sorte que les citoyens de ce grand pays s'impliquent réellement, les aveugles pourront triompher de leur cécité.

Je m'adresse à vous, Lions, pour vous offrir l'occasion d'agir, en encourageant et en soutenant le travail de la Fondation américaine pour les aveugles. Aidez-moi à avancer vers ce jour où la cécité évitable sera éradiquée, où chaque enfant sourd ou aveugle bénéficiera d'une éducation digne et où aucun aveugle, homme ou femme, ne sera laissé sans assistance. J'en fais appel à vous, Lions, qui voyez, qui entendez, avec toute votre force, votre courage et votre bienveillance. Devenez les Chevaliers des aveugles dans la croisade contre les ténèbres.

Je vous remercie,

Helen Keller

En mission de par le monde

Les Lions présents à cette journée n’ont jamais oublié ce discours. Qui plus est, ils ont mis en pratique ce qu’Helen Keller leur avait demandé.

Notamment, de nombreux comités de lunettes usagées organisés par les clubs Lions existent depuis dans différents pays. Ils ramassent et nettoient des tonnes de paires de lunettes afin que les équipes d’Optométristes sans frontières les distribuent par la suite. Le coaticookois Hector Tremblay fait partie des Optométristes sans frontières à avoir sillonné la planète pour aller distribuer des lunettes aux gens dans le besoin.



Dr Hector Tremblay

Hector Tremblay en Équateur Dr Michel Desrosiers au Sénécal




Monsieur Tremblay, lui-même un membre Lions, se rendait ainsi avec de petites équipes dans différents pays : Honduras, Haïti, Bolivie, Pérou, Philippines, Équateur, Roumanie, Mexique, Guatemala, Afrique dont la Tanzanie… Ce ne sont là que quelques pays qu’il a visités avec ses collègues afin de distribuer des lunettes à ceux qui ne peuvent s’en acheter. Lors d’une seule visite, il pouvait distribuer jusqu’à 1 200 lunettes. Il a vécu sur le terrain une multitude d’histoires touchantes, mais celle d’une petite fille de neuf ans aux Philippines demeure sa préférée. « Son entourage la considérait aveugle. Pour l’amener à l’école, sa mère la guidait en la tenant par la main. Nous demandions toujours aux bénévoles de nous amener les élèves avec les plus gros problèmes de vision. À la dernière minute, on m’a demandé d’examiner cette petite, même si elle n’était pas sur la liste. Sa myopie était à -17, ce qui est une très forte myopie. Je n’avais que des lunettes correctives à -13 dans mes bagages. Quand elle les a enfilées, j’ai vu cette petite fille tout sourire se mettre à gambader dans l’école, j’ai été très ému. J’ai appelé ça sa petite résurrection. Pour cette enfant seulement, je me disais que tout le travail effectué par Optométristes sans frontières valait largement la peine. »

À ce jour, Hector Tremblay a accompli plus d’une trentaine de missions et distribué plus de 35 000 lunettes dans tous ces pays.



Des optométristes sans frontières à l'oeuvre en Ouganda

Collecter, laver, calibrer et distribuer des lunettes

De son côté, pendant toutes ces années, Monique Bégin n’a pas chômé à Coaticook. Son histoire à elle a commencé en 2004. À cette époque, elle se greffe au groupe d’hommes du club Lions de Coaticook dont fait partie son mari Vincent Demers et qui prépare des lunettes pour Optométristes sans frontières. Elle y rencontre alors Hector Tremblay. Monique nous raconte. « Hector s’est approché de moi et m’a dit, Monique, ta place n’est pas ici, je t’emmène travailler avec moi. Les hommes autour de moi étaient bien surpris. Surtout que je m’étais faite bien discrète dans ce groupe, comme je n’y étais que la seule femme. Et c’est vraiment là que j’ai ressenti cette passion pour ce travail bénévole particulier. Hector m’a initiée à l’utilisation du lentimètre qui permet de mesurer la prescription des lunettes à même les verres. Au début, le lentimètre avec lequel je travaillais était manuel. C’était plus complexe. Je devais ajuster le calcul de données de la lunette avec une petite manivelle et c’était long chaque fois. À ce moment-là, on faisait ce travail en haut de la bibliothèque de Coaticook. Imaginez les escaliers que nous avions à monter et descendre avec toutes ces boîtes de lunettes! C’était un peu fou! À l’époque, on devait préparer environ 500 paires de lunettes par année. On commençait, on n’avait pas les meilleures méthodes encore. On lavait et essuyait les lunettes à la main, l’analyse aussi prenait plus de temps et on n’était qu’un petit groupe. Une chance que j’ai finalement reçu un lentimètre électronique en 2005 qui faisait tout le travail d’analyse tout seul. Je n’avais qu’à y insérer une lunette, il calibrait tout seul et l’imprimante sortait même une étiquette avec la donnée dessus! Ça ne prenait même pas une minute et tout était fait! Je classais toutes les lunettes dans des boîtes selon les calibres. Vincent allait les porter chez Hector et elles étaient prêtes à partir en mission. »


Lions à Compton

En 2010, Monique et son équipe de six-sept bénévoles déménagent au local des Troubadours à Coaticook et continuent avec patience et générosité à préparer environ 500 paires de lunettes par année. En février 2011, elle devient membre Lions au club de Compton, comme elle ne peut devenir membre Lions à Coaticook, car ce club n’accepte toujours pas de femmes. Et elle peut ainsi prendre en charge officiellement la Commission de préparation des lunettes pour le club Lions.

Quand elle fait part de cette action bénévole au club de Compton et de son besoin d’aide, on l’accueille tout de suite avec beaucoup de support et d’encouragement.



Monique prend aussi en charge la collecte des lunettes usagées qu’elle et son mari entreposent dorénavant dans leur garage. Ils organisent des réunions de cuisine dans leur propre demeure avec des amis bénévoles pour le nettoyage des lunettes. « On les lavait avec des brosses à dents pour aller bien dans tous les recoins de la lunette et on les essuyait encore toutes à la main. Puis, avec mon lentimètre, j’en calibrais la prescription. »

De 18 à 20 000 lunettes usagées reçues au départ, ils en viendront à en recevoir 35 000, et ce, jusqu’à 46 000 en 2018. Toujours entreposées dans leur garage, ces lunettes proviennent d’un peu partout, des hôpitaux, d’optométristes, de pharmacies et de particuliers qui les ramassent dans des boîtes mises à la disposition des donateurs.


Améliorer la charge de travail

Un jour, Lions Benoît Côté, membre fondateur du club Lions de Compton, demande à Monique ce que les Lions pourraient faire de plus pour alléger sa tâche de plus en plus imposante. Monique ne manquera plus jamais d’aide et ils pourront maintenant se réunir au sous-sol de l’église Saint-Thomas-D’Aquin.

Ils se rencontrent chaque semaine de janvier à mars et ils sont parfois jusqu’à douze personnes à s’activer au nettoyage. L’espace au sous-sol qui leur est accordé leur permet de pouvoir faire tremper les lunettes la veille dans une bonne eau savonneuse, ce qui diminue un peu la charge de travail. Monique se souvient : « On pouvait alors sortir au moins 7 000 à 8 000 lunettes par année! Ça roulait! Quand elles étaient toutes propres, je les rapportais chez moi et je faisais l’analyse au lentimètre, bien installée dans ma grande verrière en écoutant de la musique.

Monique Bégin et son mari Vincent Demers


Une chance que j’avais Vincent comme chauffeur, porteur et complice. Il m’a toujours appuyée dans ce que je faisais et motivée à continuer. M’occuper des lunettes avec lui a été une belle et folle aventure pendant toutes ces années. Dans une journée où je travaillais le matin, l’après-midi et parfois même en soirée, je pouvais préparer de 3 à 400 paires de lunettes. Je me consacrais à cela de janvier à mars à temps plein et je sortais environ 5 à 6 000 paires de lunettes par année. De son côté, Hector, lui, s’occupait des lunettes progressives qui étaient plus compliquées à analyser. »


Par la suite, l’équipe devra se déporter à nouveau dans la cuisine de Monique et Vincent, car ils ne peuvent plus utiliser le sous-sol de l’église. Ensuite, ils trouveront le moyen de faire laver les lunettes dans un lave-vaisselle industriel d’abord au café Que du bonheur! pendant deux ans, une gentillesse de Corine Descampe, puis ce sera ensuite la cafétéria de l’école Louis-St-Laurent qui accueillera l’équipe et même de jeunes Lionceaux qui donneront du temps bénévole pour essuyer les lunettes sorties du lave-vaisselle.


Enfin en 2018, l’équipe de Monique aura la possibilité d’utiliser le lave-vaisselle industriel du CRIFA à Coaticook. « À partir du moment où on n’a plus eu à laver les lunettes à la main, on a sauvé beaucoup de temps et c’était aussi beaucoup moins demandant comme travail! Au CRIFA, le lave-vaisselle prenait une minute et demie à laver près de 100 lunettes à la fois! Il ne nous restait plus qu’à les assécher à la main, le cycle de séchage étant trop chaud pour les montures. Mais quel temps on a sauvé! En 14 semaines, on a ainsi pu préparer plus de 14 000 paires de lunettes! »

C’est le temps de la « vraie retraite »!

Si Monique s’est consacrée presque cœur et âme à la préparation de toutes ces lunettes dès qu’elle a pris sa retraite de son travail en 2004, elle a décidé en mars 2019 de prendre sa véritable retraite en quittant son poste à la tête du nettoyage de lunettes pour Optométristes sans frontières afin de s’accorder enfin tout le temps désiré pour jouer dans ses plates-bandes et respirer un peu. Il en est aussi de même pour l’optométriste sans frontières Hector Tremblay qui a décidé de réduire au minimum ses activités dans le domaine. « Quand Hector m’a dit qu’il comptait s’arrêter, cela m’a donné le courage de prendre la décision d’arrêter moi aussi. Il fallait que je pense un peu à moi et que je profite enfin de ma retraite, ce que je n’avais pas encore eu le temps de faire vraiment ces 15 dernières années! Et puis, je me dis qu’il y a quand même pas mal de gens dans le monde qui portent des lunettes qu’on leur a préparées tous ensemble, ici même, à Compton. Et ça, quand j’y pense, ça me fait toujours bien chaud au cœur! »

















Voici des exemples de deux rapports de missions de l’optométriste sans frontières Hector Tremblay

MISSION À HAÏTI DU 26 AVRIL AU 10 MAI 2017

L’ÉQUIPE : Lucie Boutin, assistante, Jean-Claude Proulx et Hector Tremblay, les optométristes.

LES BAGAGES : tous les instruments pour les examens de la vue et les ajustements des lunettes avec prescription, 126 solaires neutres, 70 clips solaires, 400 étuis, 500 lingettes, 115 montures sans prescription.

Les 27-28-29 avril, nous avons travaillé à la Maison de l’Avenir à Croix des Bouquets qui est un orphelinat. Sœur Josline est la responsable de la maison. Nous avons examiné 88 jeunes de 5 à 18 ans. Les problèmes visuels étaient des myopies et astigmatismes. 17 % ont eu besoin d’une correction optique. Nous avons rencontré 140 adultes de 25 à 75 ans. De 45 à 48 ans, les personnes avaient besoin de RX pour le travail rapproché. De 49 et plus : hypermétropies, souvent avec astigmatisme.

NOTES

1) Sœur Josline avait suspendu les cours pour que nous puissions avoir deux locaux. La plupart des adultes examiné(e)s étaient des pauvres de son environnement.

2) Elle est prête à accueillir une équipe pour faire examiner les nombreux pauvres de son secteur.

3) Jean-Claude lui a fait la suggestion de diviser sa journée d’école en deux parties pour ne pas pénaliser les élèves.

4) Nous avons examiné 228 personnes. Ce fut facile, étant appuyé(e)s par le personnel de l’école.

5) La communauté religieuse : Filles de Marie Immaculée.

6) Nous avons sept lunettes à faire au Québec pour les retourner.

Le dimanche 30 : déplacement vers Les Cayes à l’école les Mains ouvertes chez les Sœurs de la Charité sous la direction de Sœur Violette. Nous devions examiner 383 personnes, surtout des enfants et adolescents.

Nous avons travaillé du 1er au 6 mai. Personnes examinées : 166 jeunes de 4 à 9 ans, 420 de 10 à 19 ans, répartis à notre surprise sur deux écoles : les Mains ouvertes et Sainte-Famille, dirigée par Sœur Alberte, 99 adultes, professeur(e)s et employé(e)s des deux écoles. Nous avons donc examiné 685 personnes.

Problèmes visuels chez les jeunes et adolescents : myopies, astigmatismes et problèmes de lecture causés par le travail de lecture et écriture trop rapprochée. 20 % des élèves ont eu besoin d’une correction optique.

NOTES

1) Nous avons formé les infirmières de l’Île Vache, de l’école Les Mains ouvertes et Sœur Violette qui venait de Valet pour faire un bon dépistage scolaire.

2) Comme Sœur Violette des Mains ouvertes n’est pas prête à accueillir des personnes dans son environnement, il n’est pas nécessaire qu’une autre équipe ne s’y rende avant trois ans jusqu’à qu’OSF trouve un autre organisme pour recevoir la mission. Par contre les besoins semblent criants pour la population.

3) Sœur Violette de Vialet est prête à recevoir une équipe, ayant les locaux nécessaires pour la clinique et le logement. Quand? Aussitôt que ce sera possible. Pour qui? Les pauvres de son secteur.

4) Nous avons 34 lunettes à faire et dix autres à trouver dans ma banque de lunettes.

5) Pour voir 685 personnes en cinq jours et demi, nous avons dû modifier notre façon de travailler : dépistage, suivi d’un examen selon la nécessité.

AUTRES NOTES

1) Nous avons laissé 300 RX à TSF à Haïti : je ferai aussi parvenir les inventaires que nous avons répertoriés.

2) Nous avons donné 300 lunettes de RX + les 51 à envoyer; les solaires neutres ont toutes été données. 54 clips ont été fournis.

3) Avertissement : aucune climatisation, chaleur intense : il faut avoir une bonne santé.

CONCLUSIONS

1) Lorsqu’une prochaine mission sera envoyée, il faudra qu’OSF mette des balises et des ententes fermes avec les communautés qui organisent la mission et que la personne responsable de l’équipe puisse communiquer avec la responsable à Haïti.

2) La chance ( si chance il y a) : notre petite équipe avait une forte expérience, car devant de telles demandes, je pense qu’il y aurait eu découragement ou abandon, si les volontaires avaient été novices.

3) Notre équipe des trois mousquetaires a accepté ces contraintes, car nous voulions aider le plus d’enfants possible. Nous sommes heureux d’avoir accepté une perspective positive face à ces contraintes.

4) LA CHANCE : TROIS JOURS DE REPOS AVANT LE RETOUR.

REMERCIEMENTS : À TOUTES LES PERSONNES QUI ONT AIDÉ À RÉALISER LA MISSION ET MURIELLE QUI TAILLERA LES LENTILLES.

DE L’ÉQUIPE : LUCIE, JEAN-CLAUDE, HECTOR, responsable de ce rapport.

MISSION LIMA, PÉROU du 5 au 22 octobre 2008

L’équipe était composée par ses bénévoles, les optométristes Daniel Forthomme, Marcel Michaud et Hector Tremblay; Stéphanie Gaucher, opticienne; Jacqueline Jourdain, Francine Laroche, Lucie Boutin et Jean Thibeault, les préposé(e)s à la recherche et l’ajustement des lunettes.

Nous étions logé(e)s à la maison des religieuses de La Présentation de Marie, à Comas, un des 43 arrondissements de Lima. Nous y avons rencontré trois religieuses natives du Québec et avons été reçu(e)s comme reines et rois. Un grand merci à ces personnes si généreuses. Nous avons examiné 50 jeunes filles de leur collège.

Nous avons travaillé à Collique, autre arrondissement de Lima, sous la direction du Père Claude Chouinard, clerc de Saint-Viateur, qui vit au Pérou depuis 43 ans. Un autre missionnaire très dévoué qui essaie de rendre les gens les plus autonomes possible.

Nous avons examiné 1038 personnes : 68 % de sexe féminin, donc 32 % masculin. Nous avons donné 973 lunettes de prescription et 253 solaires neutres.

Voici les pourcentages par groupe d’âge : 0-9 ans : 2,6 %; 10-19 : 12,4 %; 20-29 : 6,2 %; 30-39 : 10,8 %; 40-49 : 12,4 %; 50-59 : 18,9 %; 60-69 : 24 %; 70 et plus : 12,7 %

En analysant les groupes d’âge, nous remarquons que nous avons examiné 36,7 % de personne de 60 ans et plus. Ces personnes ont un très grand besoin d’aide visuelle, mais ne peuvent s’en procurer par manque de moyen financier.

Nous avons recommandé 47 patients pour cataractes, 25 pour ptérygions et 5 pour glaucome.

Les personnes de 40-49 ans présentaient des hypermétropies légères avec presbytie. Les 50 ans et plus avaient des hypermétropies avec astigmatisme surtout entre 70 et 110 degrés plus les additions.

Chez les jeunes, nous avons rencontré plusieurs cylindres de 2,50 et plus, surtout entre les axes 15 et 165 degrés et quelques fortes myopies de -5.00 à -14.00.

Nous avons rapporté 60 prescriptions à exécuter au Québec, cela dû aux astigmatismes élevés.

Ce fut une mission optométrique réalisée dans l’entraide et la bonne humeur de tous les membres de l’équipe.

J’aimerais remercier l’équipe de TSF pour l’organisation de la logistique de la mission, la consule du Pérou à Montréal, madame Lucia Trindale de Bruiton et son équipe pour les lettres de recommandation qui nous ont permis d’entrer au Pérou en toute facilité, les personnes aidantes du club Lions de Coaticook pour le nettoyage et l’analyse des lunettes : sans lunettes, pas de mission!

Très grand merci à Monsieur Fernand Dion et au personnel de l’Optique de l’Estrie qui ont réalisé 20 des 60 prescriptions qui seront retournées au Pérou.

Merci à la docteure Nathalie Laroche de la clinique Opto-Réseau et à Nathalie Laroche pour le taillage des 34 prescriptions que nous n’avons pas trouvées dans notre réserve.

Lettre de remerciement reçue à Optométristes sans frontières